En faisant un peu de ménage hier, je suis tombée sur des albums photos que j'ai reçu de ma grand-mère maternelle. En partant, voir mon passé sur papier glacé m'a toujours fait drôle. Parce que j'ai une mémoire phénoménale pour certaines choses, parce que souvent, je me souviens du moment, de la journée. Même si ça remonte vraiment loin. Mes premiers souvenirs, d'aussi loin que je me rappelle remonte à mes 2 ans. On dit souvent qu'on peut se souvenir à partir de 3 ans. Eh bien une preuve de plus que je ne suis pas tout à fait normale. C'est à deux ans que mon père nous a laissé ma mère et moi. Je me souviens, encore assez clairement du comment ça s'est passé, de ce qui m'entourrait aussi. C'est mon souvenir le plus lointain. Aucun de mes parents formant un couple.
Hier sur les photos, j'ai vu mes parents se rendre à l'Autel, je les ai vu amoureux. Ça m'a fait tout drôle. Parce que même si j'ai toujours vu mes parents être de grands amis, je ne les ai jamais vu de mes yeux, amoureux. En fait oui, mais je n'en ai aucun souvenir. Ils étaient tous beaux pour l'occasion, ils semblaient tellement jeunes aussi. Puis je les ai vus, tenir amoureusement le poupon que j'étais. Si ma mère était encore de ce monde, je l'aurais appelée. Je lui aurais demandé de me parler de ces jours que je n'ai pas connus. Parce que je n'ai jamais vraiment posé de questions sur leur relation, sur leur amour. Je connais l'histoire de leurs débuts, c'est tout. Biensûr je pourrais poser la question à mon père, mais ce n'est pas tant sa version à lui qui m'intéresse. Mon père n'est pas romantique pour cinq sous, il ne ferait que me relater les faits, platement, sans détails, sans lueur dans les yeux.
Une autre chose m'a marquée des photos que j'ai vu. Sur toutes celles post-divorce, ma mère ne sourrie plus avec la même intensité. On voit comme une tristesse latente. Ça m'a fait un choc. Je sais qu'elle a beaucoup souffert du départ de mon père. Elle n'est jamais vraiment retombée amoureuse par la suite. Quelques brèves histoires, aucunes vraiment dignes de mentions. Je me demande si elle l'aimait encore, après toutes ses années. Une chose est certaine, je n'ai jamais eu à souffrir du divorce de mes parents. Ils ont toujours été là, ensemble, dans chacun des moments de ma vie. Je n'ai jamais eu à subir les commentaires désobligeants, les tensions, les chicanes que trop d'autres ont vécu. Ma mère a toujours continué à fréquenter la famille de mon père, elle était de toutes les réunions de famille. Avec les nouvelles conjointes de mon père. Si il y a déjà eu des frictions dûes à cela, je ne les ai jamais sentie. J'ai grandie entourée de gens aimants qui avaient mon bonheur à coeur.
De regarder les photos, de revivre ces moments qui ont bercé mon enfance m'a donné le goût de regarder celles de mes filles à moi. De les revoir si petites, si fragiles. De ressentir à nouveau toute l'émotion des moments importants de leur courte existence. Le temps passe si vite. Hier encore j'accouchais de ma grande. Aujourd'hui elle est en première année. Demain, elle sera peut-être maman à son tour. Je cherche un moyen de m'impregner un peu plus du présent, de savourer la vie qui suit son cours. Faudrait aussi que je me résoude à apparaître au moins sur quelques photos, même si je me trouve tellement moche. J'en ai vraiment peu de moi avec les cocottes et les moments que l'on vit, ne reviendront jamais. J'espère seulement que mon sourire à moi, ne sera pas aussi triste que celui de maman...
dimanche, septembre 03, 2006
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