lundi, juin 19, 2006

Pas normale...

Quand j'ai recontré mon mec, j'avais 17 printemps. Pas tout à fait chaste, encore moins pure, mais ma virginité était encore intacte. J'avais bien quelques expériences olées derrière la cravate, la totale échappait encore à mon bagage de vie. J'avais choisi, consciemment, d'attendre le bon. Celui avec lequel la question ne se poserait même pas. Ce fut lui. Une semaine de fréquentations a eu raison du reste de mon innocence.

J'ai longtemps cru avoir fait le bon choix. Celui d'avoir attendu le bon. Puis avec les années, les questionnements ont commencé. Je ne pouvais pas m'empêcher de me demander comment ça se passe ailleurs, avec un autre. D'autres mains, une autre bouche, un autre corps finalement. J'en ai parlé au mâle, il a comprit. Sauf qu'entre comprendre et accepter il y a un monde. J'ai donc passé quelques années à me demander. Puis, dans un concours de circonstances des plus étranges, j'ai pu expérimenter. Avec l'accord et la participation du mâle en plus. J'étais satisfaite, maintenant je savais.

Malheureusement, je ne suis pas aussi simple que ça moi. Ok je savais, mais que devais-je en retirer? Il fallait que je pousse la réflection plus loin. Il fallait continuer de chercher à me comprendre. Presque 3 ans plus tard, je rend les armes, je ne comprend pas plus. Il m'arrive souvent de regretter ne pas avoir plus vécu ma jeunesse avant de m'embarquer avec celui qui est devenu le père de mes enfants. Celui qui sera à jamais une partie importante de ma vie. Je ne regrette pas une seule minute passée à ses côtés, j'ai beaucoup grandi à travers nous.

Il y a quelques temps, je lisais sur un forum de discussion que je fréquente un post sur la sexualité, sur les trips à plusieurs. En fait ça en revenait à parler de l'importance de l'exclusivité dans nos couples. Premier choc, je ne suis pas normale. J'aurais probablement dû naître gars. Parce que pour moi, sexe et amour sont parfaitement dissociables. Je peux parfaitement concevoir que mon homme puisse avoir envie d'une autre, pour le trip, pour le cul. Je ne m'en sens pas attaquée, diminuée. Si mon chum m'annonçait en revenant d'un 5 à 7 s'être tappée une collègue, je ne serais pas du genre à sauter ma coche. Au contraire, je risquerais de lui sauter dessus à mon tour. Ce n'est jamais arrivé. Peut-être que devant la vraie réalité je changerais de chanson. Cependant, je suis intimement convaincue que non. Les rares personnes avec qui j'ai partagé ma conception des choses, m'ont toutes dit la même chose, que c'était parce que je n'aimais pas mon mec. Elles ont décidé ça elles! J'ai beaucoup changé en presque 11 ans de relation parce qu'effectivement au début je prônais l'exclusivité all the way. Bon est-ce une question d'amour maintenant, honnêtement je ne sais pas. Oui je suis plus détachée que je l'ai déjà été, mais je ne suis pas convaincue que c'est un manque d'amour. Simplement, je suis moins paniquée à l'idée de perdre mon chum. Je sais ce que nous sommes, ce que nous sommes devenus. Je connais (évidemment!) notre histoire et ce que nous avons traversé. Pour moi, aucune histoire de cul n'effacera jamais ça. Même advenant que nous nous séparions un jour, notre histoire, elle, demeurera à jamais. Nous l'avons écrite à deux, elle a façonnée ceux que nous sommes devenus. Je ne prends rien pour acquis. Cependant, je n'ai pas peur de tout perdre pour une partie de jambes en l'air. Une relation soutenue avec une autre, ok oui c'est inquiétant. Parce que là, les sentiments se mettent de la partie. Sinon, je ne vois pas vraiment le mal. Je sais, je sais, je suis à contre courant. Oh well!

Je semble peut-être excessivement confiante. Pentoute. Je ne me sens ni belle, ni fine, ni même capable. J'ai juste ben assez de bugs entre les deux oreilles pour en rajouter. On pourrait aussi penser que vu ma position disons très libérale de la chose je pourrais être intéressée par l'échangisme? Nope. Pour les raisons citées plus haut.

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