vendredi, juin 23, 2006

I will survive

J'ai survécu. Je suis allée chercher Toto à l'école, comme une grande, sans pleurer. J'ai embrassé la cour d'école du regard, je me suis imprégnée des cris joyeux des enfants. Ma fille semblait bien vivre le fait que c'était la dernière journée. Jusque dans la voiture, parce que là, j'ai vu qu'elle était triste. Je la connais ma pitoune. Un seul regard, je savais. Un seul regard, elle savait que je savais. Elle m'a fait un faible sourire et m'a demandé d'ouvrir les fenêtres. Je crois qu'elle aussi essayait de s'imprégner une dernière fois de l'ambiance. Depuis, je doute. De moi, de mes décisions. J'ai décidé de ne pas l'inscrire à aucun camp de jour, question qu'elle puisse relaxer cet été. Elle viendra au boulot avec moi. J'ai fait réduire mes heures au max, je ne ferai que du 2 jours semaine cet été. Toujours est-il que je me demande si je n'aurais pas dû l'y inscrire finalement. Pour qu'elle reste en contact avec son monde. C'est aussi ça que ça fait l'école. Nos enfants n'ont plus besoin que de nous. Ils ont un cercle bien à eux. Une gaffe de plus à ma liste, je n'y ai pas pensé avant hier.

Je m'en veux. Comme je m'en veux souvent ces temps-ci. On dit de moi que je suis une bonne maman. Moi j'en doute. Je semble désespérément résolue à accumuler les erreurs. Je manque de patience trop souvent. Je ne joue plus autant non plus. Le fait de travailler en garderie, même si c'est trippant et valorisant, a fait de moi une moins bonne mère. J'en suis absolument certaine. J'en demande trop à mes propres filles. Je leur demande de se comporter en adultes quand je suis fatiguée. Comment être adulte à 6 et 4 ans1/2? Pourquoi être adulte en plus. C'est tellement plus agréable d'être enfant. De jouer, de profiter, de s'émerveiller de tout. Je me trouve tellement égoïste par bout. Par chance, j'ai l'Ami qui descend presque quotidiennement pour jouer avec elles. De bon coeur et avec plaisir. Malgré la fatigue et la journée de travail. Il les aime presqu'autant que si elles étaient les siennes. Je crois que je ne lui ai jamais dit, eh bien il s'apprête à le lire, c'est une des raisons qui me font l'aimer encore plus. J'aime son côté ti-gars qui n'a peur ni du ridicule, ni de se salir. Comme moi. Du moins en temps normal. Parce que le mâle de la maison, a une proprention à ne jamais avoir le temps. Tout en ne fouttant pratiquement jamais rien de son temps. Tiens lui aussi c'est un paradoxe. Je sais que ses filles, il les adore. Je n'ai aucun doute. C'est en pratique qu'il en arrache. Il est toujours trop fatigué. Épuisant l'informatique que voulez-vous! Moi pas plus futée qui patine à compenser. Si papa refuse de jouer, je lâche tout ce que je fais. J'y vais. Je lui en veux. Parfois c'est à moi que ça tente pas, mais je ne me sens pas le droit de les laisser à elles-même lorsqu'elles nous sollicitent. Parce que d'abord, c'est ma job de parent et ensuite, parce qu'elles jouent somme toute énorméments toutes les deux comme des grandes. Mon homme lui n'a aucun problème moral à leur mettre un film pour avoir la paix. Moi oui. Je le fais quand même, à l'occasion, mais je feel cheap.

Je m'amuse souvent à me souvenir de ma vision de la parentalité AVANT de les avoir. C'est fou comment à ce moment là, je SAVAIS comment on élève ça des enfants. Je regardais les enfants des autres d'un oeil critique. Des crises de centre d'achat? Pas de danger que ça m'arrive, les miens, je vais les élever! Une tappe n'a jamais tué personne. Des enfants, faut que ce soit calme et poli. Une maman ça travaille à l'extérieur. Des enfants, ça ne doit pas nous empêcher de vivre comme avant. And so on. Quand la bédaine s'est mise à me gonfler, mes sertitudes, elles, se sont mise à fondre. Premier constat décevant, pas de mode d'emploi dans le placenta. C't'idée de nous envoyer un produit sans en expliquer le fonctionnement! Pfffff! Ah certain diront qu'il y a des millions de livres d'écrit. Soite, mais ma fille a omis de les lire avant de sortir. J'ai alors dû faire confiance à mon instinct. Heureusement, ça j'en avais. Sa première année de vie s'est somme toute bien passée. J'avais un bon bébé. Calme, souriante, dormeuse ascendant marmotte. Quand elle a eu 9 mois, la bédaine a recommencé à me gonfler. Bébé numéro deux en route. Pfffff y'a rien là, je sais ce que c'est maintenant. Erreur! Non seulement celle-là non plus n'avait pas lu les livres, mais en plus, elle voulait se démarquer de sa grande soeur. Alors elle a pleuré. Plus souvent que rien d'autre pendant les premiers mois de sa vie. Les débuts de mon allaitement ont été un véritable cauchemar. Assez tôt, j'ai été placée devant un choix. Écouter mon instinct de maman ou obéir aux recommandations d'un doc qui, pour des raisons évidentes, n'avaient jamais allaité et scrapper joyeusement mon allaitement. Je n'avais qu'un an en tout et pour tout d'expérience parentale, mais j'ai choisi de me fier à moi. Je suis fière de dire aujourd'hui que j'ai eu raison. Parce que mis à part les 3 premiers mois difficile, ce fut presque 17 mois de pur bonheur. Les filles ont vieilli et m'ont fait ravaler une à une mes idées préconçues. Je me suis vue complètement incapable de les laisser. Que ce soit pour retourner bosser ou pour sortir. Partout où j'allais, elles allaient aussi. Oh horreur ma grande s'est mise à faire des crises. Ben voyons ça se peut pas! Je suis sévère moua. Je ne permets pas d'impolitesse moua. Ben ma fille elle s'en fout que je le permette pas. Elle le fait pareil baon! Alors deuxième constat, on a pas le contrôle absolu. Ces petites bêtes possèdent leur propre personnalité. R'garde dont ça. C'est écrit où ça? J'ai appris à faire face au fur et à mesure. J'ai appris à désamorcer les crises de la grande en sachant qu'il me faudrait apprendre une autre tactique pour la seconde. Parce qu'elles sont tellement différentes que les modes d'intervention le sont aussi. Depuis 6 ans maintenant, je suis en apprentissage constant. Jean Gabin a écrit :"Je sais qu'on ne sait jamais, mais ça je le sais". Cette phrase me colle maintenant à la peau mieux qu'aucune autre. J'ai appris à me faire confiance, à ne pas écouter tous les conseils "bienveillants" de tout un chacun. Principalement ceux qui n'ont jamais eu d'enfants et qui comme moi avant, savent tellement mieux que moi comment éduquer ma progéniture. Je crois qu'en général, je fais du bon boulot, mais depuis quelques temps, je suis moins certaine. Je me sens coupable trop souvent. Une chose est cependant certaine, mes pitounes, je les aime plus que la vie elle-même et elles me le rendent bien.

2 commentaires:

Anonyme a dit...

Merci,

Ca m'as fait tellement plaisir de lire ca!!!

Merci encore!!!!

Paradoxe a dit...

:O) Je pense chaque mot. Tu sais combien mes pitounes t'aiment et tu le leur rends tellement bien! Tu sais que tu feras le meilleur des papas quand tu te décideras. T'aime fort tu sais.

xox